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Un salon plein de paradoxes

  • 12 mars
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 mars

 

Sur le stand de l'académie d'agriculture avec C. Gascuel, secrétaire perpétuelle, et P. Mauguin, PDG de l'INRAE.



 

Un salon de l’agriculture sans les vaches, c’était inimaginable il y a encore quelques mois. C’est pourtant ce qu’il vient de se passer au prix sans doute d’une perte d’environ 200 000 visiteurs dont on n’a pas encore l’analyse qualitative (professionnels, visiteurs parisiens …).

 

Comme chaque année ce fut une semaine intense et sans doute avec moins de légèreté, moins joyeuse que d’habitude. Il n’y avait pas de bovins dans un Hall1 certes bien rempli avec davantage de moutons, des stands sans doute plus spacieux mais sans chaleur (au sens premier du terme) sans cette odeur si caractéristique, avec des allées inhabituellement exemptes de bouses ! Nostalgie, nostalgie.

 

La sempiternelle répartition des activités par bâtiment a été changée pour cause de chantier donc des repères bousculés, un hall des organisations assez désert notamment le second étage. Deux innovations dans l’ancien hall 2 un espace agri-culture avec une grande librairie ouverte qui a connu un incroyable succès et un espace cinéma avec des transats salvateurs pour une sieste ou un moment de repos … deux innovations d’évidence à maintenir.

 

Moins de vaches mais beaucoup, beaucoup plus de vigiles, de nombreux stands étaient en permanence gardés par des vigiles privés, souvent souriants, pendant tout le salon … une nouveauté pas très encourageante, sans doute attribuable à un contexte politique et une ambiance syndicale de plus en plus illisible.

 

Sur le fond des très nombreux contacts que j’ai eu (voir « mon salon en images ») je retiens plusieurs idées :

-   La montée tous azimuts d’un « affichage »sur les stands de l’intelligence artificielle et du changement climatique.

-  L’agroécologie qui avait été plus ou moins gommée des discours politiques officiels reste très présente sur les stands et en filigrane des discours.

-   Les agriculteurs expriment un grand désarroi devant les incertitudes croissantes, c’est en particulier le cas des producteurs de grains.

-  Trois sujets ont été très présents dans les innombrables débats : souveraineté alimentaire, adaptation au changement climatique et accords de libre échanges. L’annonce de la mise en œuvre anticipée de l’accord commercial Mercosur a pimenté la fin de salon.

- Il y a évidemment une très forte demande pour une clarification du cap et des orientations avec une distance croissante entre les politiques et les responsables professionnels au delà des traditionnelles visites de stands et photos souriantes. On ressent aussi une sensibilité montante, certes encore diffuse et balbutiante, pour des orientations nouvelles (mais différentes selon les parties prenantes !). De plus en plus nombreux sont ceux qui dénoncent l’impasse vers laquelle nous allons « on ne peut plus continuer comme cela ».

-Parallèlement s'exprime de plus en plus l'idée que les réalités d'avenir ne sont ni blanches ni noires mais beaucoup plus complexes. C'est nouveau à l'heure de la montée générale des extrêmes et de la multiplication des simplifcations médiatiques caricaturales.

-A ce titre il faut noter un courageux discours novateur des Jeunes Agriculteurs de plus en plus émancipés de la FNSEA. Par certains côtés, cela rappelle un peu les années soixante.

 

En résumé un salon très particulier, des inquiétudes durables sur l’avenir qui génèrent une lassitude et une résignation. Mais à cela s"ajoute une prise de consclence de la complexité et un sentiment progressif d’impasse, ce qui pourrait paradoxalement devenir les prémices d’une nouvelle dynamique positive.


Jean-Marie Séronie

Agroéconomiste indépendant

Secrétaire de la section eco de l'Académie d'agriculture

 
 
 

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