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© 2015 Jean-Marie SERONIE

 

Que chacun joue son rôle et assume ses responsabilités

 

Réagissant à la situation agricole critique et aux différentes mesures mises en place pour y remédier, Jean-Marie Séronie estime que la réforme de la fiscalité agricole est une priorité. L’agroéconomiste pointe du doigt l’absence de stratégie agricole française et européenne.

 

Agroéconomiste indépendant et auteur d’un livre sorti en 2014 « L’agriculture française, une diva à réveiller », Jean-Marie Séronie reste très critique à l’égard des réactions et solutions mises en œuvre face à la crise agricole. « Pourquoi chacun des acteurs agricoles renvoient la responsabilité sur les autres ? Chacun devrait faire son métier », réagit-il.

 

L’agroéconomiste prend pour exemple le système d’ assurances récolte qui, au vu des nombreux aléas climatiques de l’année 2016, doit être revu. « Comment se fait-il que seulement un quart des surfaces soient assurées ? Pourquoi les agriculteurs ne sont-ils pas assurés ? C’est une décision de gestion qui leur revient. »

Certains responsables professionnels ont évoqué l’idée de rendre l’assurance récolte obligatoire.  « Cette proposition est la négation même de la fonction de chef d’entreprise ! » Pour lui, « un agriculteur qui serait suffisamment assuré et qui aurait constitué un stock minimum de DPA aurait aujourd’hui de quoi répondre à la crise. »

 

De même, au sujet de l’ organisation des producteurs , « c’est aux producteurs de faire en sorte qu’il y ait moins d’OP mieux coordonnées face aux collecteurs. Ils n’ont pas à se retourner contre l’Etat parce qu’il y a encore trop d’OP ».

L’État, quant à lui, « doit se concentrer sur l’urgence de réformer la fiscalité agricole  ». « Il faut faciliter la constitution de trésorerie pour les moments de coups durs. Malheureusement, la fiscalité aujourd’hui favorise trop l’immobilisation et l’investissement. »

 

Des aides contracycliques face à deux difficultés
 

Et que dire de la Pac et de sa réforme pour laquelle les premiers débats ont démarré, notamment à Chambord, sous l’impulsion du ministre de l’agriculture français ? L’économiste approuve l’idée de mettre en place des aides contracycliques . « Tout le monde était choqué de voir que, lorsque le prix des céréales était très élevé en 2007 et 2008, la Pac a versé des millions d’euros alors qu’à l’évidence, les producteurs n’en avaient pas besoin. »

 

Mais, selon lui, l’instauration d’aides dont le montant varierait en fonction de la conjoncture, se heurterait à deux difficultés : « D’abord, le budget de la Pac est constant et ne se reporte pas d’une année à l’autre. Il faudrait donc inverser complètement la logique budgétaire européenne. Ce n’est pas infaisable mais complexe. Et ensuite, des aides contracycliques ne pourraient pas venir en plus des actuels paiements uniques, mais « au lieu de ». Et certains y sont farouchement opposés. »

 

Et surtout, pour résoudre la crise agricole, « il faudrait une vision stratégique agricole, française et européenne ». L’agroéconomiste plaide ainsi pour la construction d’un « socle commun stratégique » entre les différentes organisations professionnelles, y compris tous les syndicats, les associations environnementales et l’Etat.

 

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